Wednesday, May 14, 2008

EN ATTENDANT HEDI SLIMANE (in french)

Ce jour de mars 2007
L'héritage de Hedi
Une multitude de fans
La mode sans Slimane
Hedi dans l'art
Et maintenant, le futur


Ce jour de mars 2007
Si Jacques Dutronc rencontrait mon ami Jean François Lautard, un jeune professionnel de la mode spécialisé en marketing, il lui demanderait certainement combien de Ron Ron il consomme au Drugstore. Avec son visage enfantin et son allure branchée, Lautard incarne en effet un certain type de Parisien moderne, à la lisière entre le coquet et le négligé, le masculin et le féminin, l’habillé et le sportif, le bourgeois et le rocker. Ce titi se démarque encore plus par ses conversations téléphoniques, au cours desquelles il partage ses avis passionnés et ultra-lucides sur la mode.

Mais le 29 mars 2007, son très matinal appel avait un ton particulièrement maussade. « Je ne sais pas quoi dire… Je suis perdu… » prononça –t-il sombrement. Il réagissait ainsi à une nouvelle redoutée par l‘industrie de la mode depuis un an, mais que personne ne croyait vraiment possible. Et pourtant, elle le fut : Hedi Slimane quittait Dior Homme.

Lautard n’était pas seul dans son désarroi en ce fameux jour de mars. Murphy Tansipek, un architecte manillais de 35 ans, se sentit « déçu » après avoir pris connaissance de la nouvelle sur internet. Kenzo King, étudiant londonien de 18 ans en école de mode, s’est dit « outré qu’un tel innovateur décide d’abandonner sa création ». En fait, pour la plupart des personnes conscientes de l’importance de Slimane dans la mode masculine, cette nouvelle eut l’effet d’un coup de massue.

« C’était la fin d’une époque », se remémora Lautard en avril dernier, confortablement installé dans son appartement ascétiquement meublé -et donc slimanesque. « Avec son départ, c’est toute une génération qui perdait ses repères».

Cela fait maintenant un peu plus d’un an que ce tout-puissant designer a quitté l’auguste maison Dior, suite à des désaccords avec LVMH (propriétaire de Dior), concernant la création d’un label Hedi Slimane, où il aurait également dessiné des vêtements féminins.

Depuis, le Belge Kris Van Assche, ancien assistant de Slimane, a présenté deux collections pour la marque Dior Homme, accueillies plutôt tièdement par la presse. Slimane, quant à lui, n’est guère resté oisif : il a voyagé aux Etats-Unis, exposé ses photos dans des capitales européennes, et sporadiquement shooté des séries mode pour des magazines branchés. Sur son site internet, il tient un journal photographique. Il accorda même quelques interviews dans lesquelles il laissait présager un retour imminent dans le monde de la mode. Et pourtant, aucune de ces activités ne semble avoir tempéré le houleux débat déclenché par son départ de chez Dior. En privé ou sur les forums de mode en ligne, les discussions vont bon train sur le futur de Slimane, de la maison Dior, et de la mode en général. Mais quelles furent les réelles conséquences de ce divorce ultra-médiatisé sur les fans de Slimane et l’industrie de la mode ?

L'héritage de Hedi
Ces vives réactions à un changement de la garde dans une maison de mode pourraient facilement être interprétées comme un de ces excès pour lesquels les dramas queens de la mode sont réputées. En effet, comme l’affirme Gert Jonkers, rédacteur en chef des très cultes magazines masculins Fantastic Man et Butt : « Le monde de la mode est fait de dramas, et le départ de Hedi est précisément le genre de dramas qui font tourner cet univers ». Mais nous n’étions pas ici face à un « drama » ordinaire. Dior s’était séparé d’un homme rare à bien des égards : l’étendue de sa vision, son côté protéiforme, l’exceptionnel tombé de ses vêtements, et le phénomène culturel qu’il déclencha. « Grâce à lui, toute une génération de mecs est élégante dans les rues de Paris », déclare Liana Soulie, bookeuse à l’agence de mannequins Success, qui collaborait souvent avec Slimane. Elle fait certainement allusion aux costumes rigoureusement taillés, aux smokings, aux jeans slims, et aux looks de rockers qui constituent aujourd’hui des pivots de garde-robe pour des branchés comme Lautard, mais aussi pour une horde de Messieurs-tout-le-monde.

Si le style de Slimane était partout, c’est très certainement parce qu’il était lui-même partout. En effet, ce perfectionniste notoire dessinait les collections et boutiques Dior Homme, effectuait des castings sauvages (une activité qu’il appelait « boy safari »), shootait les campagnes de publicité, supervisait les lancements de parfums et de produits de beauté, organisait des installations d’arts, photographiait des groupes de rocks, et, je suis sûr, choisissait le genre de papiers qui était destinés aux photocopieuses de ses bureaux. Et tout ce qu’il touchait se transformait promptement en or, laissant ainsi un indélébile éclat sur son époque.

« Il a construis un univers créatif tout entier. C’était une sorte d’utopie globale, comme au temps du Bauhaus, où les gens voulaient changer le monde », explique Almine Rech, propriétaire de la galerie d’art parisienne éponyme où Slimane expose ses œuvres d’art. « Pour moi, Slimane a « hétéroisé » la mode », avise Lautard, qui possède environ 20 pièces Dior Homme. « Avec ses vêtements, vous étiez un homme, sans équivoque. Il créa un fort désir pour la marque à travers des pièces de podium portables ». Puis il ajouta : « l’idée derrière elle était portable ».

Cette idée, l’idée de base de Slimane, était judicieuse et claire. Il a compris que costumes irréprochables et influences de la rue formaient un exquis cocktail de mode. Son accent porté sur une silhouette mince et érotique donna une unique saveur à cette recette. Il saupoudra le tout de références au rock et à la vie nocturne. Puis ce fut l’explosion.

Une multitude de fans
En interviewant des fans de Slimane pour cet article, j’ai été surpris de constater que bon nombre d’entre eux furent amenés à son travail non pas par des publicités, des défilés ou autres appâts de marketing, mais plutôt par les vêtements eux-mêmes. Beaucoup les ont découverts en faisant du shopping, comme Tansipek, l’architecte de Manille, qui les vit pour la première fois lors de séjours à Shangaï et Hong Kong. Gilles Dufour, l’ex-assistant de Karl Lagerfeld chez Chanel pendant 15 ans, se souvient avoir remarqué une veste de velours dans une vitrine d’Yves Saint Laurent dans les années 90. « Elle était tellement bien coupée que j’en ai acheté deux, je les avais même montrées à Karl, qui les avait beaucoup aimées », se souvient-il. A l’époque, il n’avait jamais entendu parler de Slimane, ignorait qu’il était designer de la ligne Saint Laurent pour hommes (de 1996 à 1999), et ne pouvait certainement pas présager son futur règne chez Dior de 2000 à 2007.

Durant cette période faste, certains fans furent particulièrement marqués par le travail de Slimane. Dean's C, par exemple. Ce consultant en informatique de 32 ans, qui se définit comme un « Monsieur-tout-le-monde », a découvert Slimane par pur hasard : « J’ai décroché un nouveau job l’année dernière, j’avais donc besoin de quelques costumes. Etant très, très mince (1,72 m, 50 kilos), j’ai toujours eu du mal à trouver des vêtements vraiment seyants ». Un après-midi, il erra donc de magasins en magasins, parfois séduit, mais incapable de trouver le costume parfait. Quasi-machinalement, il pénétra donc dans la boutique Dior de la rue Royale, où il vit ce manteau. Il resta paralysé. « Il était si petit. J’étais incapable d’ôter les yeux de cet article », relate-t-il. Dès lors, les vêtements de Slimane lui donnèrent un électrochoc. « J’ai eu une folie furieuse. En seulement 3 mois, j’ai dépensé une somme incroyable là-bas. Environ 6000 euros », dit-il. « Mes amis ne comprenaient pas. Mais Dior Homme me donna de l’assurance ». Il commença donc à se documenter sur Slimane via internet, mais il réalisa vite que le célèbre créateur venait tout juste de quitter la prestigieuse maison de l’avenue Montaigne.

Dean's C fait donc partie de toute une génération d’hommes et de femmes qui ressentent la frustration qu’un enfant aurait si on lui retirait subitement une sucette de la bouche. Par conséquent, un mouvement pro-Slimane s’est élevé sur internet. Sur Facebook.com, le très populaire site de réseau social, on compte 13 groupes de soutien à Slimane, certains avec des titres comme « Reviens, Hedi Slimane ». Tous ces groupes comptent au total 2700 membres. Et ce ne sont pas forcément des professionnels de la mode. Juste des gens comme Dean's C, Tansipek, ou King, qui apprécient ses vêtements.

Sur sa page officielle Myspace, Slimane compte 1926 amis, et son propre site internet, hedislimane.com, a 2 millions de visiteurs par an, d’après une porte-parole. Mais Slimane a aussi ses ennemis. Ceux qui, en privé ou sur les forums de mode, lui reprochent de s’être inspiré du style de Raf Simons, et déplorent l’excessive minceur de ses mannequins. En tout cas, le designer-star ne laisse vraiment personne indifférent.

La mode sans Slimane
Le départ de Hedi Slimane fut un problème, pour la simple et bonne raison qu’il était un solutionneur de problèmes. La fable de Dean's C le démontre bien : les tenues de Slimane parvenaient à donner une allure unique aux hommes, tout particulièrement les hommes minces. Ceux-ci devaient donc maintenant trouver des alternatives. « Au début, j’ai pensé à faire appel à un tailleur sur mesure, mais j’ai trouvé de très beaux vêtements chez Lanvin (dessinés par Lucas Ossendrijver, un ancien assistant de Slimane) », confie Lautard. « J’aime aussi beaucoup Raf Simons, Rick Owens, et Thom Browne ». La plupart des fans de Slimane ont cité approximativement les mêmes designers modernistes, incluant également Christopher Bailey de chez Burberry ».

« L’influence de Hedi sur la mode homme était si importante que nous ressentons forcément un manque », déclare Sarah Lerfel, acheteuse de la très branchée boutique parisienne Colette. Mais nous avons suffisamment d'alternatives pour ne pas subir de répercussions économiques ». Dans sa boutique, elle a remarqué que les anciens clients de Slimane trouvaient maintenant du réconfort auprès de Raf Simons, Thom Browne, Tom Ford et aussi les vêtements Dior Homme créés par Kris Van Assche. Mais elle n’a pas constaté de rush particulier pour la dernière collection Dior Homme pour l’automne 2008, qui fut la dernière de Slimane. « Finalement, le concept de "dernière collection" parle surtout à des addicts et professionnels, donc à une clientèle très spécifique. La majorité de nos clients voient avant tout l'étiquette "Dior" qui est toujours vivante », explique-t-elle.

« L’influence de Hedi sur la mode homme était si importante que nous ressentons forcément un manque », déclare Sarah Lerfel, acheteuse de la très branchée boutique parisienne Colette. Mais nous avons suffisamment d'alternatives pour ne pas subir de répercussions économiques ». Dans sa boutique, elle a remarqué que les anciens clients de Slimane trouvaient maintenant du réconfort auprès de Raf Simons, Thom Browne, Tom Ford et aussi les vêtements Dior Homme créés par Kris Van Assche. Mais elle n’a pas constaté de rush particulier pour la dernière collection Dior Homme pour l’automne 2008, qui fut la dernière de Slimane. « Finalement, le concept de "dernière collection" parle surtout à des addicts et professionnels, donc à une clientèle très spécifique. La majorité de nos clients voient avant tout l'étiquette "Dior" qui est toujours vivante », explique-t-elle.

Hedi dans l'art
En attendant l’hypothétique retour de Slimane dans la mode, ses fans et la presse de mode ont suivi ses aventures dans le monde de l’art. Il a en effet montré ses photos en noir et blanc, qui explorent la scène rock, dans plusieurs expositions. Et le 19 mai, le Musac, musée d’art contemporain de Barcelone, inaugure une exposition de photos prises l’été dernier, lors du festival rock de Bénicassim.

Mais comme Almine Rech le raconte, Slimane fut accueilli dans le milieu de l’art avec des commentaires plutôt extrêmes. « Certains aimaient beaucoup, d’autres disaient : ce n’est pas un vrai artiste. Ces commentaires négatifs proviennent généralement de Français, ou de personnes vivant loin des grandes villes ». Quelqu’un m’a d’ailleurs une fois déclaré : « S’il n’était pas Slimane, il ne bénéficierait certainement pas de toute cette attention, et de toutes ces prestigieuses galeries ».

Pourtant, Rech affirme que bien que consciente du succès de Slimane dans la mode, seule la qualité de son travail artistique a motivé son intérêt professionnel pour lui. Elle se souvient l’avoir rencontré pour la première fois au début des années 2000. « Nous avions des amis en commun, et le courant est vite passé car nous aimions les mêmes artistes : Anselm Reyle, Johannes Kahrs…”. Mais c’est la découverte de son travail à la Kunstwert de Berlin en 2003 qui catalysa vraiment leur collaboration.

« Hedi était devenu si célèbre dans la mode que beaucoup de gens voyaient son travail photographique comme une simple anecdote », explique Agustín Pérez Rubio, commissaire de l’exposition au MUSAC. « Mais il prend des photos depuis l’âge de 8 ou 9 ans, je crois. C’est un photographe classique. Ses photos sont parfaites. Croyez-moi, si je présentais son travail sous le nom d’un Anglais inconnu du nom de Mathieu Bla Bla, les gens aimeraient quand même ces photos ».

En effet, d’après Rech, les œuvres de Slimane, qui se vendent entre 5000 et 70000 euros, sont souvent achetées par des personnes qui ignorent entièrement l’identité de Slimane. « Vous savez, beaucoup d’acheteurs d’art ne s’occupent pas vraiment de la mode. Ils achètent tout simplement parce qu’ils aiment. D’ailleurs son départ de chez Dior n’a eu aucune répercussion sur les ventes de ces œuvres d’art », affirme-t-elle. Paul P, l’artiste canadien dont les dessins de jeunes garçons figuraient dans la campagne Dior Homme pour l’été 2006, compte parmi les fans des photos de Slimane.. « J’ai entendu parler du livre de Hedi sur Berlin avant de découvrir ses collections », se souvient-il. « J’ai connu son art en premier, mais la découverte de ses vêtements m’a conforté dans l’idée que tout ça était le travail d’une seule et même personne ». En effet, comme le dit Rubio : « Il est impossible de dissocier la mode et les photos de Hedi. C’est un homme de la Renaissance, et cette capacité à se diversifier est une performance à elle toute seule ».

Et maintenant, le futur
Hedi Slimane ne travaille plus dans la mode, mais il y est encore présent, dans un sens. Après tout, il n’a quitté Dior que depuis un an. Le jeans slim, qu’il a contribué à rendre populaire, est encore largement porté, et ce, malgré d’espiègles groupes sur facebook qui exigent sa disparition. « Les slims ne sont plus juste qu’une tendance. Ce sont maintenant des classiques », affirme un vendeur de la boutique parisienne Royal Cheese, où les jeans Cheap Monday et April 77 partent comme des petits pains. Almine Rech a quant à elle remarqué que les vêtements de Slimane étaient devenus un uniforme dans le monde de l’art. Et Jean Denis, professeur à l‘école de mode «Studio Berçot », a constaté qu’à cause de Slimane, tous ses étudiants étaient habillés comme des rockers. En fait, l’influence de Slimane est telle que je peux encore sentir son fantôme planer sur les adolescents tektoniks qui ont envahi Paris.

Mais la mode est par essence une girouette, et on voit déjà poindre des signes que les professionnels commencent à explorer de nouvelles pistes. Denis a remarqué que ses étudiants réagissaient à Slimane en dessinant aujourd’hui des pantalons à pinces et à taille haute. « Ils soufflent un peu sa silhouette « sous-vide » », dit-il avec humour. Liana Soulie, de l’agence Success, affirme que ses clients demandent maintenant des garçons d’allure plus « saine ». Et John Tan, qui a rarement réalisé des séries photos sans utiliser des vêtements de Slimane, avoue qu’il expérimente aujourd’hui avec de nouveaux styles et de nouveaux modèles. « Slimane fut révolutionnaire, et j’ai été attristé par son départ, mais je pense que s’il était resté chez Dior, il aurait dû mettre en place des évolutions », dit-il. Dans le même esprit, Gert Jonkers de Fantastic Man, a affirmé que « Hedi était excellent en tout, mais je ne crois pas qu’on puisse faire les choses éternellement. Il a dû avoir le 7- year-itch. Il a inventé une idée forte, et il en a quasiment montré tous les aspects ».

Il est vrai que les deux dernières collections de Slimane n’étaient pas ses meilleures, car elles ne s’aventuraient pas vers des contrées nouvelles. Or, pour beaucoup de fans, le retour de Slimane devrait engendrer une nouvelle révolution de mode. « Si Slimane revient, je ne pense pas que les gens veuillent des vêtements Dior Homme avec juste une nouvelle étiquette. Il faudra un nouveau concept, ce qui place la barre très haut », dit Lautard. « Il devra également s’interroger sur le luxe aujourd’hui : Est-ce un défilé de mode ? Les mêmes boutiques dans les mêmes rues ? Quelque chose que tout le monde peut reconnaître ? »

Jonkers lui, prend le départ de Slimane avec optimisme. « Quelque chose de positif pourra émerger de tout ces départs de grands designers comme Helmut Lang, Tom Ford, et Hedi Slimane. En effet, avec tous ces grands groupes, notre civilisation risque de se retrouver avec une douzaine de marques. Or, Ford a maintenant sa marque indépendante, et Slimane reviendra peut-être avec la sienne ». « Aujourd’hui l’expérience montre qu ‘aujourd’hui, une marque de mode a quand même besoin d’un groupe pour une certaine présence à l’échelle mondiale », affirme cependant Franck Delpal, économiste à l’Institut Français de la mode.

En tout cas, toute cette débâcle LVMH révèle clairement une chose : Hedi Slimane est vraiment une voix indépendante. Et démocratique, vantant les mérites du smoking tout en promouvant le jean, côtoyant les grandes stars tout en s’intéressant aux jeunes groupes de rock inconnus. La mode est comme ça aujourd’hui, et c’est pour cela qu’il a pu fédérer tant d’aficionados.

En tout cas, toute cette débâcle LVMH révèle clairement une chose : Hedi Slimane est vraiment une voix indépendante. Et démocratique, vantant les mérites du smoking tout en promouvant le jean, côtoyant les grandes stars tout en s’intéressant aux jeunes groupes de rock inconnus. La mode est comme ça aujourd’hui, et c’est pour cela qu’il a pu fédérer tant d’aficionados.

(source: from the internet)

18 comments:

Anonymous said...

De quel magazine est tiré cet article?

Intéressant!

Anonymous said...

Thxxx Mate!

monsieur AG said...

It is not from a magazine...

I guess its the latest interview of Hedi

monsieur AG said...

No problem man~

yoyo said...

l'article est tire du site prestigium.

http://www.prestigium.com/mode/en-attendant-hedi-slimane/en-attendant-hedi-slimane.php

monsieur AG said...

Yes it is from prestigium

Anonymous said...

only thing i noticed is that hedi has been hair planting his forehead? hes a bit bald and covered it with his toupee right?

monsieur AG said...

are u sure?

Anonymous said...

yes, usually his forehead is very high, and the sides are bald, like jude law. maybe a bit higher, but on this pic it looks like the are thick now?

just see the 2001 runway, where he's taking a bow, or even during luster period, where he still have the faux mohawk.

monsieur AG said...

yeah...i agree that his sides are alittle bald...perhaps its the shape of his head

Lavinia said...

Prestigium.com is an online magazine, so it IS a magazine.. and this article was written by their journalist Stéphane Gaboué. Maybe you should start thinking of hiring your own journalist(s)...?

Lavinia said...

Also, I find it kind of pretentious of you to put a black rectangle on the name of the website (on it's newsletter) where this fantastic article actualy comes from...

How sad.. there's nothing left of my admiration for this blog.

Anonymous said...

Indeed, after a quick verification, what Lavinia says is true. Quite disapointing.
RJ Jackson

Anonymous said...

surprisingly, monsieur AG said that "it is probably the latest Hedi interview", but he himself posted it, after having copied it from prestigium.com. That is really unfair.
Jackson

monsieur AG said...

hmmmm....interesting...

Lavinia and Jackson, why did the both of you have the same IP? Apparently, you are the same person...the only person in the world that would do such a thing is probably diorfou...

Anyway, the magazine that i am referring to is a physical magazine...not an online one. If you insist that i am wrong, its ok. Yeah, maybe i should get a journalist myself or maybe interview Hedi myself just to shut your mouth...hahaha

Also, i have the right to choose who i want to credit. I have no alliance with Prestigium and i don't see the need to credit them so i chose to censor the name.

Lastly, i didn't even claim that the interview was done by me. Its clearly stated that the source came from the internet. If at that time, this isn't the latest interview of Hedi, what is it then? I simply don't understand you at all.

Nevertheless, you will always have the option to stopping visiting my blog. My blog is for me to write about what's in my paradigm...not about pleasing you...

I guess you are just a sore loser...hahahaha

Anne-Sophie said...

Dear AG,
You seem to be very qualified in fashion, but not so much in law. Keep this article without the source one more day and Prestigium lawyer will be the next guy you'll talk to on this IP.

monsieur AG said...

Well...Anne-sophie, i don't care who you are and i certainly don't thuink i am qualified in fashion too. Do you know what is a disclaimer? For the record, i have clearly stated that the source is from the internet. You are really funny...Please stop all the nonsense...anyway, i am not afraid of any legal concern...

(Just f*ck off Diorfou...u didn't even know what is IP)

ZOKEN said...

:'( I MISS HEDI GUYS !!!


(U)


So, What's Up Elvin?

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